L’autre

J’ai les jambes qui poussent

Vers d’autres

J’ai les mains qui s’étirent et touchent

Des corps musqués

J’ai la tête qui se tourne

Vers des peaux rasées

Des cheveux courts

Des bras plus épais

J’ai les hanches

Qui s’avancent directement

Vers d’autres hanches

Dont le moteur vrombit

Et ne cache pas son drapeau.

Je change

De tête

De corps

De sexualité.

J’ai les bras qui  font le tour d’ossatures

Larges d’épaules

De jambes couvertes de ces petits choses

Qu’on n’épile pas

Et qui prennent l’eau et le vent en même temps.

J’ai la bouche

Qui se tend vers des lèvres sans gloss

Sans rouge, sans piquer un fard

Devant un compliment.

La Joconde a la tête à l’envers

La mère a l’espoir qui renait

La grand-mère remercie la sainte vierge

Ou le saint Jules Ferry et sa bonne éducation

La sœur se concentre sur son applaudimètre.

Je fais une tentative d’escargot,

J’ai assez voyagé avec mes idées fixes.

Je m’aventure vers l’autre espèce,

Celle qui se met debout

Devant un match

Celle qui est censée réparer la voiture

Descendre la poubelle

Craindre la douleur

Chasser le rhino

Et zapper le rayon bio.

J’en ai entendu parler dans les livres

Dans l’open space à occuper l’espace

En conquérants.

J’en ai pas trouvé dans l’i-phone

Pas d’appli à décrypter

L’autre

L’ absolument autre.

Comment je vais faire pour être la seule fille du couple ?

Personne pour me dire, me comparer

Les tifs

Les soutifs.

Faut que je fasse mon trou

Pourvu qu’il m’aide.

Oui.

C’est son job, sa fonction.

J’en ai touchés j’en ai approchés

J’en ai aimé le contact

Mais sans m’émouvoir dedans

Sous le sein gauche.

Cette fois je fais ma valoche

Je pars vierge de tout sentiment

Sans carte

Sans loupiotte

Sans mode d’emploi

Vers l’homo sapiens en 44.

Je vais répéter le roulement des hanches

Me ruiner en godasses piquées dans le talon

Battre des cils

Un tantinet osé

Juste avant le vulgaire.

Un rien fragile mais solide dedans

Porteuse d’ovules d’ovocytes discrets

Le cheveux apprêté

La jupe le jupon le bas impec

C’est du boulot

Je vais bouffer des salades

Ça mange quoi un homme

Du gras ?

Ça va j’ai mes chances.

Au bal j’avance masquée

Pour rencontrer un homme

Un vrai

Au milieu de mon salon

Une machine à jouer

Qui me fera peut-être aimer

D’une façon que j’avais oublié

D’une façon qui fait décoller

Plus longtemps qu’un tiny wings

En plein élan.

Faites que je dépasse le 210 000.

Ce serait quand même sacrément balèze.

L’important c’est de participer.

Croquette.

2 réponses

  1. lu, aimé, peux rien dire.

  2. pareil que inthemac

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.