Je ne suis pas partie ce weekend.
Je n’étais pas invitée ce weekend.
Je suis restée à tourner en 4
à mettre de l’ordre, à faire du tri
un nettoyage de printemps
comme la maman de Duras
à coup de baquets d’eau.
J’ai trop de trucs, de bibelots
qui encombrent mon parquet.
J’ai regardé autour et je me suis dit :
ça sert à rien tout ça
ça prend juste la poussière
ça va s’abîmer
et j’ai commencé.
D’abord j’ai plié mon vagin
bien propre, bien repassé
et je l’ai posé sur la pile des pulls.
Puis j’ai plié mes bras en 2
et je les ai rangés dans le sac à bulles
avec les affaires d’hiver.
J’ai pris mes mains et je les ai assemblées
Ça m’en fait une autre paire dans la boite à gants.
J’ai vidé ma tête, au-dessus de l’évier, balancé les miettes.
J’ai posé mes fesses dans le placard à balai
J’ai forcé un peu, ça prend de la place l’envie de plaire.
J’ai foutu mes envies de dire dans un verre à dent.
J’ai jeté mes sens, le goût, je ne savais plus où le mettre
J’ai posé mes seins l’un sur l’autre près des flûtes à champagne,
ces verres à pied,
ceux qu’on sort quand on sait que c’est notre petit compliment.
Je te bois.
J’ai pas dit ça, j’ai juste dit
je te respire
C’est peut-être pour ça que j’ai gardé mes poumons.
Comme un bonbon.
Croquette.

très beau. les poumons une fois que c’est déplié y a plus qu’à respirer …vital hein.
y a plus qu’à, c’est vrai. Merci