Cette fois-ci, ce n’est pas venu de l’ouest.
Cette fois-ci, ce n’est pas tombé du ciel.
C’est juste le magma qui s’est gratté le dos
pile, sous une centrale bêtement posée
au bord de la mer.
Ils ne pouvaient pas savoir.
On ne pouvait pas prévoir.
Ils ne pouvaient pas deviner
que la tectonique se fout pas mal
du grand roulement économique
Vacherie de géologie tout de même
peu respectueuse du cadran des Rolex.
C’est peut-être pas la première
certainement pas la dernière
mais rien n’arrête la plaque océanique
pas même le désir de produire
le jour en pleine nuit.
Ils ont remis leur costume sombre
leurs cheveux raides
leur cravate sombre ficelée sous la glotte
leurs pompes cirés au pied du néant.
Ils ont laissé la vague déranger le calme quotidien
effacer le relief minéral et urbain
foutre en l’air les heures d’entretiens, les uniformes scolaires,
et tout le tintouin.
Ils ont compté sur leurs doigts leur nombre d’années
à venir
se sont estimés plus rapides que l’atome et les métastases
à fuir
et sont venus frapper aux carreaux d’un générateur
dans l’espoir de prendre la place de ceux
que le gouvernement sacrifie activement,
une jeune génération collée aux lambeaux d’un réacteur .
Les kamikases retraités ne sont pas morts.
Le sens du devoir discret
plié dans une serviette en cuir
rangé dans la couture d’une veste
n’est visible que dans les lignes des canards
donnant de la voix aux octogénaires qualifiés.
Le réflexe de survie de ce peuple
se confie dans ceux qui vont mourir,
pour que surtout,
rien d’autre ne s’éteigne.
On/off ainsi font font font
Les petits vieux
nippons.
Croquette

Vous dormez ?