le corps des vétérans

juin 18, 2011 - Une Réponse

Cette fois-ci, ce n’est pas venu de l’ouest.

Cette fois-ci, ce n’est pas tombé du ciel.

C’est juste le magma qui s’est gratté le dos

pile, sous une centrale bêtement posée

au bord de la mer.

Ils ne pouvaient pas savoir.

On ne pouvait pas prévoir.

Ils ne pouvaient pas deviner

que la tectonique se fout pas mal

du grand roulement économique

Vacherie de géologie tout de même

peu respectueuse du cadran des Rolex.

C’est peut-être pas la première

certainement pas la dernière

mais rien n’arrête la plaque océanique

pas même le désir de produire

le jour en pleine nuit.

Ils ont remis leur costume sombre

leurs cheveux raides

leur cravate sombre ficelée sous la glotte

leurs pompes cirés au pied du néant.

Ils ont laissé la vague déranger le calme quotidien

effacer le relief minéral et urbain

foutre en l’air les heures d’entretiens, les uniformes scolaires,

et tout le tintouin.

Ils ont compté sur leurs doigts leur nombre d’années

à venir

se sont estimés plus rapides que l’atome et les métastases

à fuir

et sont venus frapper aux carreaux d’un générateur

dans l’espoir de  prendre la place de ceux

que le gouvernement sacrifie activement,

une jeune génération collée aux lambeaux d’un réacteur .

Les kamikases retraités ne sont pas morts.

Le sens du devoir discret

plié dans une serviette en cuir

rangé dans la couture d’une veste

n’est visible que dans les lignes des canards

donnant de la voix aux octogénaires qualifiés.

Le réflexe de survie de ce peuple

se confie dans ceux qui vont mourir,

pour que surtout,

rien d’autre ne s’éteigne.

On/off ainsi font font font

Les petits vieux

nippons.

Croquette

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je suis interdite de Malher.

juin 15, 2011 - Une Réponse

Je te laisserai plus entrer Gustav.

Je te laisserai plus

me filer la mesure de mes émois.

Je te laisserai plus laisser trainer tes cordes dans mes avant-bras.

Je pourrais dire que je me suis couchée

de tout mon long

bien à plat

sur tes noires, tes kilomètres de phrases.

J’ai fait ma peau de phoque sur la banquise

j’ai fondu je me suis laissée prendre

par le froid.

J’ai fait le bigorneau chez la voisine.

Je me suis tue.

J’ai respiré tant que j’ai pu

ce que tu faisais

tourner dans mon pavillon.

Je te laisserai plus rentrer Gustav.

Tu fais sortir de moi des bras

Qui me poussent partout sur le corps.

Tu me fais bander Gustav.

Et ça, faut pas.

Faut pas baiser ma tristesse

sans mettre les doigts Gustav.

Mais comment tu fais bordel?

Comment tu fais toi l’impuissant

comment tu fais pour pondre

un monde qu’on ne voit pas ?

Comment tu fais pour que l’air passe

entre mes poumons?

Comment tu fais l’animal

pour me faire rater mes pâtes au saumon?

C’est la dernière fois,

Gustav,

Cette fois-ci la der des ders

que je t’écoute avant de passer à table.

Croquette.

Colorful

mai 17, 2011 - 2 Réponses

White, weiss, blanc

yellow, gelb, jaune

orange, orangefarben, orange

red, rot, rouge

purple, violett, violet

blue, blau, blue

green, grün, vert

I’m jealous, eifersüchtig, jalouse

de ce que tu manges.

I crave for, ich habe Lust, j’ai envie

de m’étendre sans rien dire.

Je choperais les pigeons, même les plus crades

pour me barrer  en 2 temps 3 mouvements

sur le canapé tâché à trous du Flohmarkt,

allumer une clope, boire un café,

te mater dans le soleil de fin de mat’

j’ai bien regardé tes cheveux derrière les rayons

ils ne sont pas blonds,

ils sont tellement clairs

qu’on distingue facilement

tout un vocabulaire.

White, weiss, blanc

yellow, gelb, jaune

orange, orangefarben, orange

red, rot, rouge

purple, violett, violet

blue, blau, blue

green, grün, vert

ça passe en boucle

dans tes mèches lisses

avec Paul Kalkbrenner

dans le coin de mes lobes.

Y en a assez pour faire Paris-Berlin

à vélo, les guiboles sorties

à contre-courant de tout ce que me disent

pourtant,

mes hémisphères.

Croquette

Vide grenier du 20ème

mai 15, 2011 - 2 Réponses

Je ne suis pas partie ce weekend.

Je n’étais pas invitée ce weekend.

Je suis restée à tourner en 4

à mettre de l’ordre, à faire du tri

un  nettoyage de printemps

comme la maman de Duras

à coup de baquets d’eau.

J’ai trop de trucs, de bibelots

qui encombrent mon parquet.

J’ai regardé autour et je me suis dit :

ça sert à rien tout ça

ça prend juste la poussière

ça va s’abîmer

et j’ai commencé.

D’abord j’ai plié mon vagin

bien propre, bien repassé

et je l’ai posé sur la pile des pulls.

Puis j’ai plié mes bras en 2

et je les ai rangés dans le sac à bulles

avec les affaires d’hiver.

J’ai pris mes mains et je les ai assemblées

Ça m’en fait une autre paire dans la boite à gants.

J’ai vidé ma tête, au-dessus de l’évier, balancé les miettes.

J’ai posé mes fesses dans le placard à balai

J’ai forcé un peu, ça prend de la place l’envie de plaire.

J’ai foutu mes envies de dire dans un verre à dent.

J’ai jeté mes sens, le goût, je ne savais plus où le mettre

J’ai posé mes seins l’un sur l’autre près des flûtes à champagne,

ces verres à pied,

ceux qu’on sort quand on sait que c’est notre petit compliment.

Je te bois.

J’ai pas dit ça, j’ai juste dit

je te respire

C’est peut-être pour ça que j’ai gardé mes poumons.

Comme un bonbon.

Croquette.

Viens.

mai 5, 2011 - 4 Réponses

Enfile tes millions de robe.

Mets moi une tête sur tes aiguilles.

Si tu veux bien, je t’emmène

Loin de leurs petits placards

Ce sera notre tout petit exode

Tentative de garçon pour si jolie fille

(Tu peux pas savoir comme je t’aime)

Je t’attends à la gare.

Parmi les têtes de microbes

Tu me reconnaitras à la jonquille

Je me suis donné de la peine

J’ai mis mon plus beau costard.

J.

Ghinzu – To the end of the world

Pervers coloré.

mai 3, 2011 - 2 Réponses

J’aime les filles qui se maquillent dans le métro.

Je prends, c’est gratos.

C’est mieux qu’un film, c’est en vrai.

Le bruit du poudrier qui claque quand elle l’ouvre.

La ligne de rouge qui me tue.

Parfois même, les jours bénis, le parfum du vernis.

Ça m’excite, pardon.

Je regarde par en dessous. En face, c’est trop.

Je te regarde. Sortir ton matos.

Tu me fais du bien. Tu me fais de l’effet.

L’odeur de ta poudre.

C’est volé. T’as rien vu.

Je crois que j’ai joui.

Entre ton rouge à lèvre et ton crayon.

Je me colle un peu. Discret.

Pour mieux sentir.

C’est moi le vicieux du tunnel.

Celui qui bande sur ton rimmel.

Soulever ta jupe me ferait moins d’effet.

Quand tu te maquilles, je pourrais mourir.

J.

L’autre

avril 7, 2011 - 2 Réponses

J’ai les jambes qui poussent

Vers d’autres

J’ai les mains qui s’étirent et touchent

Des corps musqués

J’ai la tête qui se tourne

Vers des peaux rasées

Des cheveux courts

Des bras plus épais

J’ai les hanches

Qui s’avancent directement

Vers d’autres hanches

Dont le moteur vrombit

Et ne cache pas son drapeau.

Je change

De tête

De corps

De sexualité.

J’ai les bras qui  font le tour d’ossatures

Larges d’épaules

De jambes couvertes de ces petits choses

Qu’on n’épile pas

Et qui prennent l’eau et le vent en même temps.

J’ai la bouche

Qui se tend vers des lèvres sans gloss

Sans rouge, sans piquer un fard

Devant un compliment.

La Joconde a la tête à l’envers

La mère a l’espoir qui renait

La grand-mère remercie la sainte vierge

Ou le saint Jules Ferry et sa bonne éducation

La sœur se concentre sur son applaudimètre.

Je fais une tentative d’escargot,

J’ai assez voyagé avec mes idées fixes.

Je m’aventure vers l’autre espèce,

Celle qui se met debout

Devant un match

Celle qui est censée réparer la voiture

Descendre la poubelle

Craindre la douleur

Chasser le rhino

Et zapper le rayon bio.

J’en ai entendu parler dans les livres

Dans l’open space à occuper l’espace

En conquérants.

J’en ai pas trouvé dans l’i-phone

Pas d’appli à décrypter

L’autre

L’ absolument autre.

Comment je vais faire pour être la seule fille du couple ?

Personne pour me dire, me comparer

Les tifs

Les soutifs.

Faut que je fasse mon trou

Pourvu qu’il m’aide.

Oui.

C’est son job, sa fonction.

J’en ai touchés j’en ai approchés

J’en ai aimé le contact

Mais sans m’émouvoir dedans

Sous le sein gauche.

Cette fois je fais ma valoche

Je pars vierge de tout sentiment

Sans carte

Sans loupiotte

Sans mode d’emploi

Vers l’homo sapiens en 44.

Je vais répéter le roulement des hanches

Me ruiner en godasses piquées dans le talon

Battre des cils

Un tantinet osé

Juste avant le vulgaire.

Un rien fragile mais solide dedans

Porteuse d’ovules d’ovocytes discrets

Le cheveux apprêté

La jupe le jupon le bas impec

C’est du boulot

Je vais bouffer des salades

Ça mange quoi un homme

Du gras ?

Ça va j’ai mes chances.

Au bal j’avance masquée

Pour rencontrer un homme

Un vrai

Au milieu de mon salon

Une machine à jouer

Qui me fera peut-être aimer

D’une façon que j’avais oublié

D’une façon qui fait décoller

Plus longtemps qu’un tiny wings

En plein élan.

Faites que je dépasse le 210 000.

Ce serait quand même sacrément balèze.

L’important c’est de participer.

Croquette.

No Hope / Opéra

mars 23, 2011 - 2 Réponses

La mort de Didon / Reynolds

C’est l’histoire chantée

D’une histoire d’amour qui finit mal.

Elle va le quitter.

Pas parce qu’elle a été trompée ou que sais-je.

Non.

Elle va le quitter d’avoir pensé à la quitter.

L’animal !

Même si cette même pensée a disparu.

Aussi vite qu’elle était venue.

Elle a existé.

Même s’il a bravé la colère des Dieux

Pour revenir la chercher.

Non, non, trop tard.

C’est l’histoire chantée

D’un amour précieux

Quitté pour une divagation

L’histoire d’une seconde

De pas assez.

Parce que peut être pire que l’acte,

il y a la pensée.

La possibilité.

Du coup, à choisir

Entre un vivre avec un traitre ou sans.

Elle préfère ne pas vivre du tout.

Elle est comme ça Didon.

J.

[Extrait de Didon & Enée / Purcell]

L’élan à 2 têtes

mars 14, 2011 - Leave a Response

La gueule dans le vent, le sourire dans le patelot, le pied sûr bien à plat sur la pointe d’une chanson, les embruns dans les moustaches,  il y avait tout pour frissonner et croire à la beauté de l’horizon. Surtout quand l’horizon ressemble à une tignasse rouge , une tignasse sauvage et sexy. Alors j’ai tendu les bras. Connement. J’ai tendu les bras et j’ai couru.

Ça ne fait pas forcément des grosses vagues un plat, ça fait Et paf le plat. En articulant bien, Et paf dans ta gueule le plat.

La gueule dans le vent, le sourire dans les muqueuses, les jambes plantées dans le bitume puis dans le coton du pieu, l’hiver pour les autres, il y avait tout pour se réchauffer dans le pli des ses bras et croire à la teneur de la nuit. Surtout quand la nuit a ce regard-là. Aquatique, abyssal. Alors j’ai tendu les mains. Connement j’ai tendu les mains et j’ai couru.

Ça ne fait pas forcément  un son creux une beigne, ça fait Et bam la beigne. En articulant bien Et bam dans ta tronche la beigne.

La gueule dans le vent, le sourire dans le bonnet, les grôles cramponnées au verglas, les flocons dans la fourrure, il y avait tout pour se féliciter et croire en la force des attractions terrestres. Surtout quand les attractions terrestres  se retrouvent sur une bouche. Alors j’ai donné mon corps mes tripes ma foi. Connement. J’ai tout donné et j’ai couru.

Ca ne fait pas forcément du boucan une torgnole, ça fait Et vlan la torgnole. En articulant bien Et vlan dans tes naseaux la torgnole.

La maturité me direz-vous tarde à venir. N’importe quel androïde bien constitué serait faire le distingo entre la rencontre à 2, et la rencontre  du rien.

C’est vrai que la rencontre amoureuse c’est beau à voir: 2 élans de chaque côté dans les starting blocks  qui lâchent tout. C’est musculaire, c’est organique ,  c’est au-delà de la cornée, et en-dedans des nos corps. Les salopards qui s’aiment, qui se rentrent dedans  comme il se doit  nous font la démonstration scandaleuse d’une histoire bâtie comme une tour de Shangaï.  En une nuit , en un clin d’œil, et pour un certain nombre de jours, de mois, voire d’années.

De l’autre côté,  l’élan tout seul convaincu qu’il va trouver en face la chair molle d’un cœur tendre dans le même état extatique que lui, s’élance spirituel et spiritueux sans l’ombre d’un doute  naissant entre ses pupilles. Et il y va, le galop dans les godasses, les tintamarres dans la voix il y met du cœur à se manger le mur. Parce qu’en face on a vu arriver la bestiole et son armée chevaleresque, ses gros filets de bave, sa sensiblerie en armure. Et on n’est pas con en face, on se carapate.  Un pas sur le côté pour laisser passer l’animal romantique et l’entendre se fossiliser dans le plâtre. L’élan a couru vers son fantasme, et s’est mangé le mur comme il se doit. Rarement élégant, plutôt salement.

Soit.

Après avoir laissé quelques empreintes mémorables et honteuses dans la brique, ma résolution est prise. J’ai serré mon string de 2 crans pour ne plus laisser passer l’air entre mon envie et la réalité. 3 crans allez. C’est un coup à se choper une mycose toute seule dans mon coin. Ceci dit avec les médocs on soigne tout maintenant. Même les grandes baffes.

Croquette.

TRANSition

février 25, 2011 - Leave a Response

Bonjour Madame.

Monsieur ?

Fille/Garçon ?

Garçon/Garçon ?

Bonjour Bonjour.

Je voudrais rendre ce qu’on m’a prêté.

Tout est en bon état mais j’en veux plus.

Je voudrais changer.

Inverser.

Bonjour Bonjour.

C’est possible ?

C’est très aimable, merci beaucoup.

Je vous laisse mes papiers.

Mon slip et ma liberté.

C’est vraiment trop aimable.

Au revoir Messieurs Mesdames.

J.